Encore une recette de nouilles asiatiques ! Mais il faut bien dire qu'elles ont l'avantage de cuire très vite et de pouvoir être accompagnées de pratiquement n'importe quoi...

Et quand on est pressé, fatigué, et qu'on n'a pas envie de cuisiner, on tombe dessus, on se dit qu'on va rajouter un peu de ci, un peu de ça, et on finit avec un vrai bon petit plat plein de bonnes choses.

Et pendant que j'y suis, je vais vous parler d'un de mes coups de coeur lecture du moment : Qiu Xiaolong ! Un auteur de polars chinois émigré aux Etats-Unis, dont le héros, l'inspecteur Chen, est assez caractéristique du "flou" à la chinoise...

Je m'explique : c'est un érudit passionné de littérature classique chinoise et de poésie (chinoise et américaine), qui a fait des études de lettre, traduit des romans policiers américains, a fait un mémoire sur TS Eliot, fait partie de l'Association des Ecrivains (en Chine, pour être écrivain, il faut en faire partie, c'est assez codifié), qui pour des raisons politiques n'a pas pu intégrer une carrière diplomatique, a dû entrer à contrecoeur dans la police, mais qui, suite aux revirements politiques (arrivée de Deng Xiaoping au pouvoir), se retrouve à un bon poste, celui d'Inspecteur principal aux Affaires spéciales de la police de Shanghai. Il fait parti du Parti, a une vieille mère qui n'attend qu'une chose, qu'il se marie, des amis et des relations dans plusieurs milieux (politique, arts, affaires, mais aussi avec des "petits gens"...), passe son temps à citer des poèmes et des anecdotes littéraires (évidemment, moi, je suis presque payée pour les connaître, donc ça me fait plaisir, mais ce doit aussi être sympa de découvrir tout ça), à manger des bons petits plats (un de ses meilleurs amis a un restaurant russe, et la femme de son adjoint, personnage très sympathique, est un fin cordon bleu qui travaille comme comptable dans un restaurant). Il parvient à rester intègre dans un milieu très corrompu, mais en louvoyant toujours entre les membres du Parti, les Messieurs Gros-Sous, les triades... il ne peut pas dire ouvertement ce qu'il pense, mais il se débrouille toujours pour faire ce qu'il pense juste. 

C'est extrêmement bien fait, les intrigues sont assez réalistes tout en étant passionnantes, on voit la Chine des années 90 dans toutes ses contradictions, tout en remontant dans le passé communiste (avec le vocabulaire et les slogans de chaque époque)... Les personnages secondaires sont très bien décrits et vivants, et quand on connaît les villes citées, on reconnaît les quartiers, les restaurants, les parcs... Le seul bémol que j'aurais, c'est que j'ai l'impression que sur certains des bouquins, enfin surtout dans "Visa pour Shanghai", un petit effort aurait pu être fait au niveau de la traduction, notamment pour les noms de lieu : on ne dit pas "la gare du Wuhan" mais "de Wuhan" parce que c'est une ville, en revanche c'est bien "du Fujian", et non pas "de Fujian", parce que là il s'agit d'une province... Enfin, ce ne sont que de petites erreurs, dans l'ensemble c'est très bien traduit (oui, parce qu'il y a des livres qui ne le sont vraiment pas, et cela peut gâcher le plaisir : La tête du Directeur Général, de Yamada, par exemple, est un livre passionnant, mais aussi celui parmi tous ceux que j'ai lus qui contenait le plus de coquilles et pire, de fautes de grammaire et de syntaxe proprement scandaleuses, et quasiment à chaque page...)

Et maintenant, la recette !

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Pour deux :

- deux "blocs" de nouilles au blé (plus gros que d'habitude, donc vous pouvez en mettre trois !)
- environ le quart d'une aubergine
- environ 100 g de boeuf haché
- une poignées de lamelles de champignons donggu secs (*voir plus bas pour des explications botaniques plus précises...)
- la moitié d'une cébette (oignon nouveau)
- un fond de lait de coco (un tiers de boîte, ou la moitié d'une briquette)
- une dizaine de tomates cerise
- une cuillère à café de nuoc mam
- une cuillère à café de sauce soja
- une cuillère à café de pâte de curry rouge (on peut aussi mettre du curry vert, ça pique plus, mais ça plus de goût)
- une cuillère à café d'oignons frits
- un peu d'huile d'arachide
- quelques gouttes d'huile de sésame

Faire cuire les nouilles dans de l'eau bouillante. Egoutter et réserver (on peut aussi les faire cuire pendant qu'on prépare le reste.)

Couper l'aubergine en fines lamelles, la cébette en rondelles, les tomates cerise en deux. Mettre les champignons dans de l'eau chaude et hop ! deux minutes au micro-ondes. Pendant ce temps, faire revenir les aubergines dans l'huile d'arachide, quand elles commencent à changer de couleur, ajouter la viande, puis les tomates cerise, les champignons et les cébettes. Quand la viande est cuite, ajouter tout l'assaissonnement, bien remuer, puis verser le tout sur les nouilles.

* Je viens d'aller faire un tour sur google histoire de voir ce que je trouvais en me servant du nom latin : lentinus edodes (oui, c'était écrit sur le paquet... j'étais certes une grande amatrice de latin au collège et au lycée, et peut-être la seule dans mon cas, d'ailleurs, mais je ne suis pas tellement calée question champignons...), et apparemment, c'est tout bêtement des shitaké.

Alors là, je suis restée perplexe, parce que pour moi, c'étaient les xianggu (champignons parfumés), et non pas les donggu (champignons d'hiver) qui étaient des shitaké.

Donc retour sur Google, et là j'apprends que c'est une question de température de culture (le donggu et le huagu, parce que oui, il y en a un troisième, sont cultivés à température plus basse). Donc je me coucherai moins ignare ce soir et vous aussi si vous avez eu le courage de lire ces explications extrêmement confuses...