18 septembre 2006
Simili-pizza aux courgettes
Encore un moyen de faire manger des courgettes aux récalcitrants! Je ne parle pas de mon homme, qui mange pratiquement de tout, à présent...

Ingrédients:
- 2 courgettes
- 25 cl de coulis de tomate
- 1/2 gousse d'ail hachée
- 3 feuilles de brick
- bûche de chèvre
- gruyère râpé
- herbes de Provence, origan, sel, poivre, huile d'olive
Hacher les courgettes. Les faire revenir quelques minutes dans un peu d'huile d'olive avec sel, poivre et herbes de Provence. Ajouter l'ail et le coulis de tomate, laisser encore quelques minutes sur le feu.
Disposer les trois feuilles de brick au fond d'un moule à tarte. Verser la préparation aux courgettes. Parsemer de rondelles de chèvre, de gruyère râpé et d'origan. Mettre à four chaud environ 20 minutes.
Le pont du chinois I
Je continue à jouer les anciennes combattantes, en vous racontant cette aventure qui m'est arrivée en 2002. C'est Mamina qui m'y a fait penser avec son histoire sur Bocuse (je crois que tout le monde l'envie, il suffit de voir le nombre de commentaires). Je vous livrerai l'histoire en feuilleton, les posts seront moins longs, ça me permettra de me reposer les mains, et d'intercaler une ou deux recettes.
2002 : l'été de la chance. C'était le 27 mai, jour de mon anniversaire. Je venais de trouver un boulot pour l'été, qui s'avéra être à la fois le job le plus idiot et le plus intéressant qu'on puisse trouver. Je vous explique : j'avais été engagée comme hôtesse d'accueil/agent de sécurité (sic) par une société de sécurité pour le festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence, à deux pas de notre studio d'étudiants, et je devais commencer le 1er juin.
Mon travail consistait à ne pas accueillir les gens : j'étais devant un bâtiment, en uniforme d'hôtesse. Forcément les gens s'approchaient pour demander ce qu'il y avait à visiter, et je devais leur répondre qu'il n'y avait rien à voir et que l'entrée était interdite...
Evidemment, si je n'avais pas été là, personne n'aurait pensé à entrer... De temps en temps, il fallait que je fasse une ronde avec des vrais agents de sécurité (dont un vrai abruti, qui essayait toujours de trouver un prétexte pour remettre mon badge en place...), avec un talkie-walkie, des chaussures à talons et une jupe droite, très pratiques pour empêcher des individus mal intentionnés de commettre un quelconque forfait. Une fois même, il avait fallu que j'aille, toujours vêtue de la même manière, dans la cambrousse pour surveiller un site où tous les autres employés (y compris pour l'entretien et la restauration) étaient des hommes.
Ce travail était donc complètement inutile et stupide, mais son côté intéressant, c'est que je ne fus pas la seule à remarquer son inutilité et sa stupidité : ceux qui m'avaient embauchée aussi se rendirent compte que ce qu'il leur fallait, c'était justement des hommes. Donc, après un mois de "travail" (j'avais le droit de m'asseoir et de faire des mots croisés ou de lire, c'est déjà ça), je n'ai plus rien eu à faire. Et comme j'avais signé un contrat de deux mois, j'ai eu droit à un mois de salaire pour rester chez moi! Si c'est pas un super boulot, ça?
Mais revenons avant que je ne commence le travail, le 27 mai. Je reçois un coup de fil, rien de bien étonnant en un tel jour, et je m'empresse de répondre. C'était le lecteur de chinois de la Fac qui m'appelait, pour savoir si, par hasard, cela m'intéresserait de partir douze jours en Chine au mois d'août, tous frais payés? parce que le gouvernement chinois a organisé un concours et nous devons présenter un de nos étudiants, et nous avons pensé que vous étiez la meilleure pour y participer.... Ma modestie en prit un coup, car je pensais qu'il y avait au moins un élève meilleur que moi, mais il avait dépassé l'âge autorisé pour participer. Il faut dire que nous n'étions pas extrêmement nombreux, et il n'était pas rare, quand les cours avaient lieu tôt le matin, que la classe se limitât à deux ou trois élèves.
Après une très longue hésitation d'un dixième de seconde, j'acceptai de représenter mon université et mon pays au grand concours "Pont du chinois".
Mon prof (c'est affreux, je ne me rappelle plus son nom, le seul qui me vienne à l'esprit, c'est Gao Wende, un prof imaginaire de la méthode de chinois du Cned), m'expliqua tout plus en détails : ce serait un concours en trois parties, avec des bourses d'études à la clé (je casse tout de suite le suspense, je n'ai rien gagné). Il faudrait d'abord répondre à des questions sur la culture chinoise, puis réciter un petit speech, et ensuite, présenter quelque chose en rapport avec la Chine : démonstration de kung-fu, calligraphie, danse, exécution d'un morceau de musique etc...
J'avais pris des cours de calligraphie l'année précédente et j'adorais ça (c'est dommage que je n'en fasse plus), mais même si mon prof m'avait gratifié d'un "Lu Fanni, tu n'écris pas comme une occidentale", ce qui était un énorme compliment (bien évidemment, j'aurais préféré qu'il dise que j'écrivais comme une chinoise, mais ce n'était malheureusement, et objectivement, pas le cas) je ne me sentais pas capable d'écrire devant tout le monde, d'autant plus que parmi les autres candidats, il y aurait des japonais bien plus à même de produire une belle calligraphie.
Je décidai donc de chanter une chanson que j'avais apprise en troisième, Xiaofang, qui raconte les adieux d'un jeune lettré à la jeune paysanne qu'il a aimée lors de sa "rééducation" à la campagne.
Pendant le mois de juin, je profitais de mon boulot nul pour réviser les questions de culture générale, pour remplir toutes les formalités (visa, documents à remplir pour le Hanban, l'organisme en charge de promouvoir l'apprentissage du chinois...), et même de répondre à une interview!
Suite au prochain épisode.
Poêlée de chou au poulet et saucisse fumée
J'aime bien couper tous mes aliments en petits morceaux à la chinoise, même quand je fais des plats pas très exotiques; la cuisson est plus rapide, j'ai l'impression qu'on peut manger plus varié (beaucoup d'ingrédients en petite quantité dans un seul plat), et c'est aussi plus facile de faire manger des légumes à mon homme ainsi (un steak avec des épinards à côté, non, des petits bouts de boeuf mélangés à des épinards avec du curry, oui!).
C'est d'ailleurs pour ça qu'il n'y a quasiment jamais de restes ou de gaspillage chez moi, j'utilise toujours de petites quantités, et si je vois qu'il me reste une seule escalope, un peu de thon en boîte, un bol de riz cuit, des carottes râpées ou tout autre ingrédient, je m'arrange pour cuisiner un plat qui intègre cet ingrédient.
Aujourd'hui, il me restait une escalope, un bout de chou, et la moitié d'une petite boîte de champignons de Paris, et voilà donc le sort que je leur ai fait subir :

Ingrédients (pour deux) :
- une escalope de poulet
- une saucisse fumée
- environ le tiers d'un chou blanc
- un petit bol de champignons de Paris
- sauce soja (chinoise ou Maggi)
- 1/2 gousse d'ail hachée
- poivre
- gingembre en poudre
Précuire la saucisse comme indiqué sur le paquet (ou par le boucher, c'est mieux, évidemment!). Découper le poulet en lamelles, hacher finement le chou. Découper la saucisse en rondelles (enfin, je pense que ce serait mieux en demi-rondelles, comme ça pas besoin de découper dans son assiette).
Faire revenir le poulet dans un peu d'huile. Ajouter la saucisse. Arroser de quelques gouttes de sauce soja. Ajouter les champignons. Remuer quelques instants. Ajouter le chou. Poivrer, saupoudrer de gingembre. Laisser deux à trois minutes sur le feu, puis ajouter un petit verre d'eau et l'ail. Quand le chou est translucide et le jus presque évaporé, c'est prêt.
On peut servir avec du riz, des pommes de terres à l'eau, ou s'en servir d'accompagnement pour des nouilles chinoises (moi j'avais de la purée à finir, ce n'est pas ce qui convient le mieux).
