24 août 2006
Eclairs kiwi-citron et chocolat
Comme je vous le disais lundi, j'ai découvert que la pâte à choux était plus facile à faire que je ne pensais. Et pourquoi donc voulais-je faire de la pâte à choux ? Parce que j'avais découvert des magnifiques photos d'éclairs japonais sur Sooichi Tokyo, et que ça m'avait donné faim. Apparemment, je ne suis pas la seule à avoir des envies d'éclairs en ce moment. Ma photo ne leur rend malheureusement pas justice...

J'avais des kiwis au frigo, et après consultation de mon homme, j'ai acheté du chocolat et voilà! Mes jolis petits éclairs verts et noir...
Il y a aussi du Pac dans la recette : c'est tout simplement du sirop de citron sans colorant fabriqué à Châteauneuf du Pape, et qu'il est agréable de déguster en terrasse, l'été sous les platanes. Ici, on commande un "pac à l'eau", ou un "pac limonade". C'est très désaltérant car moins sucré que la plupart des sirops, et c'est pratique quand on est fauché et qu'on n'aime pas le café... Et puis la bouteille est adorablement kitch, voyez plutôt :

Pour huit éclairs de taille normale, ou douze un peu plus petits (c'est ce que j'ai fait) :
Pâte à choux :
- 3 oeufs
- 90g de farine
- 60g de beurre
- 3 g de sel
- 15 cl d'eau
Faire bouillir l'eau avec le sel et le beurre. Hors du feu ajouter la farine d'un seul coup. Remettre sur le feu et remuer jusqu'à obtention d'une boule de pâte. Oter la casserole du feu. Incorporer le premier oeuf en remuant vivement, puis les deux autres oeufs un par un.
A l'aide d'une poche à douille, faire des petits rubans de pâte sur une plaque recouverte de papier sulfurisé.
Mettre environ 20 min au four à 200°. Quand les éclairs comencent à dorer, baisser la température du four à 180°.
Pour la garniture :
Crème pâtissière façon Françoise Bernard
- 1/2 litre de lait
- 4 cuillères de sucre en poudre
- 4 jaunes d'oeuf
- 2 pincées de sel
- 1 cuillère à soupe de farine
- 1 cuillère à soupe de Maïzena
- 3 kiwis
- 2 cuillères à soupe de Pac (voir explications et photo plus bas)
- Une goutte de colorant alimentaire vert (facultatif)
- 50g de chocolat noir
Fouetter le sucre avec les jaunes. Faire bouillir le lait avec le sel. Verser le lait chaud sur les oeufs, remuer. Ajouter la farine et la maïzena. Remettre sur le feu sans cesser de remuer jusqu'à obtention de la consistance voulue.
Répartir la crème pâtissière dans deux bols. Dans l'un, ajouter le chocolat fondu au micro-ondes et remuer.
Peler et mixer les kiwis. Les faire compoter dans une casserole. Passer au chinois pour éliminer les morceaux durs et les pépins. Mélanger la pulpe de kiwis avec le Pac et le colorant alimentaire. Prélever une cuillère à soupe pour le glaçage et mélanger le reste au deuxième bol de crème pâtissière.
Garnir les éclairs avec une poche à douille.
Glaçage :
- Une cuillère à soupe de mélange kiwi-pac
- du sucre glace
- quelques paillettes de chocolat pour la déco
Pour le glaçage au chocolat, j'ai juste fait fondre la même quantité de chocolat et de beure, mais ce n'était pas terrible (tout le monde a aimé, mais moi, j'étais déçue).
Pour le glaçage vert, ajouter du sucre glace au mélange kiwi-pac en remuant jusqu'à obtention de la consistance désirée (pas trop coulant, mais pas trop dur non plus).
Saupoudrer de paillettes de chocolat pour imiter les pépins de kiwi.
23 août 2006
Blog Appétit#9: Sardines et tomates
Gougères aux sardines, tomates et mozzarella
Ce thème de blog appétit était plutôt facile, et les idées ne manquaient pas, d'autant plus qu'à chaque fois que je fais des sardines, je les cuisine avec des tomates.
Mais comme j'ai découvert que la pâte à choux était facile à faire grâce à cette recette, j'ai opté pour les gougères. On voit sur la photo qu'elles ont une forme irrégulière, c'est entièrement de ma faute, parce que je les ai laissées plusieurs minutes sur la plaque chaude sans les enfourner et qu'elles se sont donc un peu étalées, mais j'ai fait une autre recette avec cette pâte à choux que je vous donnerai bientôt, et là c'était impeccable.
Ce qu'il y a de bien avec la recette de Monsieur Franchin, c'est que toutes les proportions sont des multiples de 5, c'est donc très facile de diminuer ou d'augmenter les quantités.

Ingrédients (pour une dizaine de gougères):
Pour la pâte:
- 2 oeufs
- 60g de farine
- 40g de beurre
- 2g de sel
- 10 cl d'eau
Pour la garniture :
- 4 sardines
- 1 belle tomate
- 1 boule de mozzarella
- 1 cuillère à café de pesto
- poivre
Préparer les choux comme indiqué ici.
Ecailler et vider les sardines. Oter les têtes. Les mettre à cuire une dizaine de minutes à four chaud.
Couper la tomate et la mozzarella en morceaux.
Quand les sardines sont cuites, prélever les filets (c'est plus facile que lorsqu'elles sont encore crues).
Passer rapidement la tomate, la mozzarella et les filets de sardine au mixer. Mélanger avec le pesto, poivrer.
Garnir les choux de cette préparation à l'aide d'une poche à douille ou d'un sac congélation dont on aura coupé un coin.
Réchauffer quelques minutes au four traditionnel ou au micro-ondes avant de servir.
21 août 2006
Tiramisu aux poires
Je suis contente de voir que mes verrines ont aussi du succès virtuel... Le même soir, pour le dessert, j'ai fait un petit tiramisu arrangé.

Ingrédients (pour cinq coupes):
- biscuits à la cuiller (les mous)
- 1 boîte de mascarpone
- 3 oeufs
- du café (1/2 l environ)
- 2 cuillères à soupe de rhum
- 2 poires
- 3 cuillères de sucre en poudre
- 2 cuillères à soupe d'amandes effilées
- chocolat en poudre
Peler les poires et les couper en lamelles. Prélever une petite quantité de café et y mettre les poires et les amandes à tremper.
Séparer les blancs des jaunes. Monter les blancs en neige.
Battre le mascarpone avec le sucre et les jaunes. Incorporer délicatement les blancs.
Faire dorer les poires et les amandes à la poêle.
Mélanger le rhum et le café. Tremper rapidement les biscuits dans le mélange.
Monter le tiramisu dans les coupes en alternant biscuits, crème et poires, et terminer par une couche d'amandes. Saupoudrer de chocolat en poudre.
Mini-verrines assorties
Les mini-verrines, c'est imparable pour épater ses invités. Voilà quelques idées sympas pour l'apéro :
Et puis, tous mes petits verres ont une histoire, en commençant par le fond :
- le verre à shooter qui contient les petites cuillers a été volé par ma meilleure amie ou par mon homme (ils en ont volé un chacun, à ma très très grande honte) dans un pub de Dublin, en avril 2005, un soir où ils ont bien bu et rigolé. Quant à moi, j'avais une migraine d'enfer, et devant la sollicitude de mon homme, mon amie et son homme, et mon refus de boire de l'alcool (à la base, j'avais juste un petit mal de tête, et puis j'ai pris un Bailey's, ça a fait slurp et puis ça a fait boum!), une de leurs amies a cru que j'étais enceinte...
- mes magnifiques petites cuillères ont été achetées par mes soins à Exopotamie à Aix-en-Provence, il y a trois semaines environ, mais elles ne sont pas encore totalement à moi car je n'ai pas fini de les rembourser... (ce n'est pas qu'elles étaient à un prix exorbitant, au contraire, du coup je ne pouvais pas payer par carte et j'ai dû emprunter des sous à ma belle-mère). J'en ai cassé une il y a deux jours, parce qu'il y a une malédiction chez moi qui veut que toute ma vaisselle aille par cinq (mon homme et moi sommes condamnés à avoir trois enfants).
- les verres de toutes les couleurs (avec les brochettes) viennent de Murano et m'ont été offerts par ma maman pour mes 27 ans, c'est son dernier cadeau et j'y tiens beaucoup, malheureusement j'en ai cassé un ce matin (encore, la malédiction des cinq, heureusement ça se recolle)
- ensuite, j'ai récupéré ces petits verres chez ma mamie (je l'ai aussi perdue cette année, je pense que ce doit être la pire année de ma vie... enfin j'espère qu'on ne me réserve pas pire). Ma mamie était très attachée à tous ses petits objets, et donc j'en ai récupéré beaucoup chez elle, parce que je ne voulais pas qu'on les jette.
- j'ai acheté ces petits coquetiers dans un genre de foirfouill' à Noël dernier, et ça m'a rendue guillerette pendant toute la soirée
- ces toutes petites tasses étaient aussi à ma mamie, elles faisaient partie d'un ensemble à liqueur bien kitsch où une fausse branche de vigne servait de support.
- mon homme m'a offert ces quatre mini-bols de chez Ikéa, qui outre le fait d'être adorables, ont l'avantage d'avoir une contenance d'exactement une cuillère à soupe. Le petit verre vert à droite était aussi à ma mamie.
- les bols marrons font partie d'un mni-set à thé que j'ai acheté en Chine lors de mon stage en 2004, et dans lequel je n'ai jamais bu de thé, parce qu'il est vraiment trop petit. Il a réussi à rentrer indemne de Chine (malédiction des cinq oblige, j'en ai cassé un pendant mon déménagement), mais seulement 2 semaines après moi, une de mes valises ayant été momentanément égarée (avec, accessoirement, le bouquin que je devais traduire pour mon mémoire de DESS, et toutes mes fringues...)
Passons aux recettes :

Verrine deux brochettes :
Sur un cure-dent : un cube de concombre, un cube de mozzarella, une demi-tomate cerise roulée dans un filet d'anchois mariné
Et sur l'autre : un bout de cake salé tartiné de fromage de chèvre, un bout de surimi, une rondelle de radis
Verrine aux concombres: une couche de dés de concombres, une couche de fromage de chèvre mélangé à de l'estragon, une couche de dés de surimi.

Pour les deux verrines suivantes, préparer de la purée de cette manière :
Faire chauffer un bol d'eau au micro-ondes avec quelques brisures de cèpes séchés, rajouter des flocons de pomme de terre à hauteur. Rajouter un peu de crème fraîche, de sel, de beurre et d'estragon.
Dans les coquetiers : une couche de purée, quelques lamelles de foie de lapin cuit doucement dans du beurre, une lamelle de champignon
Dans les petites tasses, une couche de purée mélangée à des cubes de poivron grillé, une lamelle de comté, deux lanières de poivron grillé et épluché, passé une minute au micro-ondes.

Verrine tomate-mozza : une couche de tomates cerise coupées en dés, une couche de mozzarella, quelques gouttes de pesto (fait maison par mon beau-père, avec le basilic planté par ma maman), le tout passé une minute au micro-ondes.
Roulé de concombre : voir ici, j'ai juste ajouté des graines de sésame. (ça y est, je sais à qui est la recette que j'ai modifiée, c'est à loukoum°°° de beau à la louche).
18 août 2006
J'ai une bannière!
Ca m'a bien pris deux bonnes heures, mais ça valait le coup : mon blog est bien plus joli comme ça!
Pour les non-sinophones, les trois caractères sous "Xihongshi", c'est xihongshi en caractères chinois, et les trois caractères sur le bouquin de droite, c'est mon nom chinois (comme en sixième, quand on vous donne un prénom anglais) : Lu Fanni.
Lu est un nom de famille chinois et se prononce lou, fan veut dire "clôture, barrière", et ni, c'est un arc-en-ciel secondaire (le petit arc-en-ciel inversé qui apparaît derrière un arc-en-ciel).
Quant au reste de la bannière, je ne vous ferai pas l'affront de l'expliquer.
17 août 2006
Nostagie et vermicelles au beurre
Quand je suis seule pour dîner, je me fais très souvent une assiette de petites pâtes à potages, cuites dans du bouillon et égouttées, avec un morceau de beurre. C'est simple, c'est bon, c'est mou. Quand ça ne va, j'aime manger mou, c'est bizarre... Une bonne purée, du riz au lait, ou juste du pain dur coupé en morceaux dans un chocolat chaud...
Quand j'étais petite, on a déménagé assez souvent, et puis, avec les études, les changements de ville, la nostalgie est un sentiment que je ressens assez souvent. Je me promène dans les rues du village de mon enfance en cherchant partout un visage familier. Ou je regarde des films chinois idiots qui se passent à Pékin, et j'essaie de deviner où a été tournée la scène. Il y a un poème chinois qui exprime très bien ce sentiment de familiarité avec les lieux, mais de distance avec les êtres. C'est un de mes poèmes préférés, les mots en sont simples, les idées aussi, c'est comme les vermicelles au beurre...
En recherchant la traduction "officielle" du poème, j'ai retrouvé cet extrait de blog qui en parle. On avait eu une discussion à ce sujet sur le forum du Chinatown, et sur sa ressemblance thématique avec le fameux poème de Joachim du Bellay...
Tiens, en parlant de correspondances, et sans faire de littérature comparée sauvage, j'ai toujours trouvé une étrange similitude de thèmes et d'écriture chez Li Qingzhao (1084-1151) et Louise Labé (1524-1566). (J'adore Louise Labé! J'ai envie de lire de la poésie en ce moment, Hugo hier, les surréalistes avant-hier, il faut dire aussi que je suis quelque peu désargentée ces temps-ci, donc plus encline à la relecture de mes livres préférés).
Pour la première :
声声慢 李清照
寻寻觅觅
冷冷清清
凄凄惨惨戚戚
乍暖还寒时候
最难将息
三杯两盏淡酒
怎敌他晚来风急
雁过也
正伤心
却是旧时相识
满地黄花堆积
憔悴损
如今有谁堪摘
守著窗儿
独自怎生得黑
梧桐更兼细雨
到黄昏点点滴滴
这次第
怎一个愁字了得
J'ai trouvé cette traduction sur internet, et elle m'a semblé assez fidèle. Mais la poésie chinoise est assez difficile à apprécier une fois traduite (je vous conseille l'excellentissime livre de François Cheng "L'écriture poétique chinoise")
Chercher, rechercher,
Rigueur, froideur,
Tristesse, chagrin, mélancolie.
Quand une brève douceur cède au retour du froid,
C’est le plus difficile à supporter.
Trois verres et deux coupes de vin léger,
Comment lutter contre elle, la violence du vent de l’aube ?
Passent les oies sauvages,
Alors que mon cœur est douloureux,
Elles qui étaient mes amies d’autrefois.
Le sol est jonché de fleurs jaunes,
Blêmes et fanées,
Qui aujourd’hui daigne les cueillir ?
A la fenêtre,
Comment, toute seule, tenir jusqu’à la nuit ?
Une pluie fine sur le platane,
Au crépuscule cliquette et clapote.
Tout cela,
Comment le mot “chagrin” parviendrait-il à le qualifier ?
Pour la seconde:
Je vis, je meurs: je me brule et me noye.
J'ay chaut estreme en endurant froidure:
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ay grans ennuis entremeslez de joye:
Tout à un coup je ris et je larmoye,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure:
Mon bien s'en va, et à jamais il dure:
Tout en un coup je seiche et je verdoye.
Ainsi Amour inconstamment me meine:
Et quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me treuve hors de peine.
Puis quand je croy ma joye estre certeine,
Et estre au haut de mon desiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.
Bon, n'allez pas croire que j'aie un chagrin d'amour pour autant, c'est juste que le cours de mes pensées m'a menée là.
Nouilles de blé sautées aux légumes
Tout d'abord, merci à tous et toutes pour vos encouragements et vos conseils. Je me suis tout d'abord étonnée du nombre de traductrices parmi les "bloggeuses", mais somme toute, cela semble assez logique de la part de personnes qui aiment écrire et qui ont un ordinateur...
Il me restait plein de radis au frigo hier soir, et je n'avais pas envie de les manger à la croque au sel. J'ai parcouru le net pour trouver une recette sympa de radis cuits, mais il me manquait toujours un ingrédient... Finalement, j'ai opté pour le plat fonds-de-placards habituel : les nouilles chinoises, dont voici une version végétarienne.

Ingrédients (pour deux bols):
- 3 "nids" de nouilles chinoises de blé aux oeufs
- 1 dizaine de radis
- quelques fânes de radis (j'ai pu seulement en sauver quelques unes, mais cela aurait sans doute été meilleur avec un peu plus de verdure)
- 1 champignon noir
- 1 carotte
- 1 oignon
- 1 petit bout de gingembre frais
- 1 cuillère à soupe bombée de graines de sésame
- quelques feuilles de coriandre
- 1 bouillon-cube spécial Pho (on peut remplacer par du bouillon de légumes, ou un bouillon-cube de boeuf ou de poule)
- huile d'arachide
- huile de sésame
Faire gonfler le champignon dans de l'eau chaude (le plus simple, c'est de le mettre dans un bol d'eau et hop, deux minutes au micro-ondes). Couper tous les légumes en julienne. C'est joli:

Faire cuire les nouilles dans le bouillon. Dans le même temps, faire sauter tous les autres ingrédients dans un mélange huile d'arachide-huile de sésame.

Egoutter sommairement les pâtes cuites, les rajouter dans la poêle. Faire encore revenir quelques minutes et servir.
J'aurais bien mangé seulement les légumes, mais cela aurait sans doute été mission impossible de les faire manger tels quels à mon homme. Ce sera parfait pour les soirées en célibataire.
16 août 2006
Avis aux éditeurs, aux entreprises, à qui veut bien
Je me lance comme traductrice indépendante. Oui, j'ai un DESS de traduction depuis deux ans, et non, je ne trouve pas de travail salarié dans ma branche, enfin pas dans ma région ou alors pour des courtes durées, ou seulement en anglais (et moi, j'adore le chinois). Parce que mon homme a un CDI, lui, on ne va pas déménager dans l'Essonne pour un CDD de trois mois...
J'ai fait tous les papiers et c'est beaucoup plus facile que ce que je ne pensais (il suffit de s'inscrire à l'Urssaf si on n'a droit à aucune aide). En fait, j'avais déjà voulu me lancer en freelance il y a un an et demi, mais j'ai eu le malheur de passer par un conseiller qui m'a totalement découragée, et après cinq séances, je n'avais plus qu'une seule envie, trouver un boulot stable.

Et finalement, ça y est, je me lance. J'ai créé mon site Internet (toute seule, en Html, sur mon bloc-notes) et j'ai réussi à le mettre en ligne. J'attends juste l'aide d'amis anglophones et sinophones pour la page en anglais et celle en chinois (un bon traducteur ne traduit bien que vers sa langue maternelle). J'ai même fait ce joli logo.
J'ai rempli des dizaines de questionnaires d'agence, en espérant avoir bien répondu (choisir ses tarifs, calculer le nombre de mots qu'on peut traduire par jour, ce n'est pas évident).
J'ai ouvert un compte paypal professionnel pour pouvoir être payée en ligne.
Je dois encore acheter des classeurs pour mes papiers, démarcher des entreprises, continuer à faire des fiches terminologiques...
Si quelqu'un d'entre vous souhaite faire traduire des textes chinois ou anglais en français, qu'il me contacte. J'ai une préférence pour les textes traitant de gastronomie ou de littérature, mais j'ai reçu une solide formation en traduction technique (qui parmi vous s'est déjà levé à 6h un samedi matin pour faire un exposé sur les traitements de surface des matériaux à la fac de LETTRES?) et dans d'autres domaines variés.
15 août 2006
Salade orientale aux oranges et aux anchois
Vendredi dernier avait lieu LE barbecue annuel de ma copine Chris, et elle m'avait chargée de faire une salade pour 14. Dans ces cas-là, j'ai une astuce : "la clef des champs". C'est un magasin qui revend des invendus de grandes surfaces ou de restauration (enfin, je suppose), donc les produits sont toujours différents, à consommer au plus vite, et à très petit prix. Comme ça, je prends tout ce qui me fait envie et j'improvise.
Et voilà donc cette salade très parfumée (ça ne plaît pas à tout le monde, disons que ça a fait un score de 80%, mais que ça a beaucoup plu à certains).

Ingrédients (pour un grand saladier):
- 500g de pâtes tricolores (ça doit être meilleur avec seulement 300g de pâtes)
- 3 tomates
- 2 oranges
- 1 avocat
- Quelques radis
- Une vingtaine de filets d'anchois marinés à l'huile
- 1/2 bouquet de coriandre hâchée
- Une dizaine de cornichons
- 1 cuillère à café de ras-el-hanout
- 1 c à c de cumin
- 1 c à c de gingembre
- 1 c à s de basilic hâché
- 1 c à s d'estragon séché
- 1 c à s de sauce soja japonaise
- 1 c à s de vinaigre de mangue
- 1 c à s de vinaigre de vin
- sel, poivre
Faire cuire les pâtes sans oublier de saler l'eau, les rincer à l'eau froide. Prélever le zeste d'une des oranges et le couper en fines lanières. Peler les deux oranges à vif, et prélever la chair. Couper les tomates, l'avocat, les radis et les cornichons en rondelles. Egoutter grossièrement les anchois (on ne rajoute pas d'huile dans la salade).
Mettre tous les légumes, les oranges, le zeste, les pâtes et les anchois dans le saladier. Ajouter le reste des ingrédients et mélanger. Rectifier l'asaisonnement si nécessaire. Mettre au frais.
11 août 2006
Roald Dahl, un écrivain immoral à faire lire aux enfants...
Je reprends donc ce que je disais : Roald Dahl est un auteur immoral. Et c'est ça qui est bon. Même son nom est une torture, on ne sait jamais comment le prononcer (ben oui, il est anglais d'origine suédoise norvégienne, et je ne parle pas le norvégien).
Mais parlons plutôt des romans, et pour commencer des romans pour enfants :
- Charlie et la chocolaterie, c'est génial, et je l'ai lu environ 100 fois entre mes 8 ans et maintenant, en grignotant des galettes St-Sauveur (pour la dernière partie, c'était plutôt entre mes 8 ans et mes 11 ans, quand j'étais une espèce d'asperge à lunettes qui mangeait comme deux hommes)... Mais c'est quand même l'histoire de gamins qui se font torturer sous l'oeil hilare d'un adulte déjanté (pour ceux qui ont juste vu le film, qui est assez fidèle tout de même, il n'y a absolument AUCUNE morale dans le bouquin, pas d'histoire de rédemption et de pardon filial du papa-dentiste qui n'existe d'ailleurs pas dans le livre, juste un gentil gamin flanqué d'un grand-père farfelu, des méchants gamins mal élevés qui se font bien corriger, et un génie esclavagiste complètement taré). Un des dialogues que je préfère, c'est quand la mère d'Augustus Gloops et Willy Wonka se disputent au sujet des qualités gustatives d'une hypothétique barre chocolatée parfumée à l'Augustus Gloop.
De toute façon, les trois-quarts des adultes de ses livres sont d'ignobles personnages : les deux gredins (avec la barbe qui sert de garde-manger), la méchante grand-mère de Georges Bouillon à qui son petit-fils fait avaler une potion dégueulasse et extrêmement dangereuse, les parents de Matilda qui l'abandonnent avec joie parce qu'ils n'ont rien à faire de cette petite surdouée (d'ailleurs, ça m'inquiète, il y a quelques années, je croisais souvent un couple qui était leur portrait tout craché : une grande blonde décolorée et grasse en robe léopard ou rose bonbon avec bas résilles, et un maigrichon avec moustaches et cheveux gras pelliculés, et ils ont disparu depuis un petit bout de temps), la tante Eponge et la tante Piquette...
Et tous les détails farfelus et complètement incongrus : les parents du petit James qui meurent écrasés par un rhinocéros au zoo de Londres, les meubles collés au plafond, les insectes cyniques, Mme Legourdin qui martyrise les enfants en les enfermant dans un placard tapissé de tessons, les géants qui mangent les enfants en faisant bien craquer les os, l'ascenseur de verre...
Et les Sorcières, alors? C'est peut-être le plus moral de tous. C'est l'histoire d'un petit orphelin (qui a perdu ses parents dans un accident de voiture), recueilli par sa fabuleuse et adorable grand-mère, qui boit de l'alcool et fume de gros cigares. Mais le grand congrès des sorcières a lieu dans l'hôtel de leurs vacances, et le pauvre garçon se retrouve changé en souris. Avec l'aide de sa grand-mère, il parvient à débarrasser l'hôtel des sorcières, mais il reste une souris. Et ça l'arrange bien finalement, parce qu'une souris, ça ne vit pas très longtemps, et ainsi il pourra mourir à peu près en même temps que sa mamie et ne pas se retrouver seul au monde. Dit comme ça, c'est très triste, mais à lire c'est très drôle et touchant.
Mais il ne faut pas oublier mon roman préféré, qui n'est pas du tout pour les enfants : Mon oncle Oswald.
Ou comment un épicurien devient millionnaire avant trente ans en ouvrant la première banque de sperme, clandestine et ne proposant que de la semence d'hommes illustres (Picasso, Proust, Shaw, Renoir, plusieurs rois...). Je vous livre quelques passages pour que vous puissiez en goûter l'humour décalé :
"Je constate que vous mâchez vos huîtres, dis-je.
- Pourquoi, que voudriez-vous que je fasse?
- Les avaler entières.
- Mais c'est ridicule!
- Au contraire, expliquai-je. Quand on mange des huîtres, le plaisir essentiel provient de la sensation que l'on éprouve lorsqu'elles glissent dans le gosier.
- Je n'en crois pas un mot.
- Et puis, le fait de savoir qu'elles sont effectivement vivantes au moment où on les avale ajoute énormément à ce plaisir.
- Pour ma part, je préfère ne pas y penser.
- Mias si, mais si, il le faut! En concentrant suffisamment son attention, on arrive parfois à sentir l'huître vivante se tortiller dans son estomac."
La moustache nicotinisée d'A.R Woresley fut agitée de soubresauts de plus en plus vifs. On aurait dit un petit animal poilu et nerveux s'accrochant à sa lèvre supérieure.
Et un passage un peu plus osé, au tout début du roman, quand le narrateur n'est qu'un jeune homme de 17 ans qui n'a connu, au sens biblique du terme, "qu'une soixantaine de jeunes londoniennes" et la fille de ses logeurs français :
Le voyage se déroula sans incident, sauf que le premier jour je rencontrai de nouveau une femme de grande taille. Cette fois c'était une Turque, immense et basanée, tellement couverte de bijoux de toutes sortes qu'elle tintinnabulait lorsqu'elle se déplaçait. La première idée qui me vint, ce fut qu'elle aurait trouvé sa place idéale au sommet d'un cerisier pour éloigner les oiseaux. Ma seconde idée, qui succéda à la première avec une étonnante rapidité, fut qu'elle avait un corps aux formes exceptionnelles. Les ondulations qui se produisaient au niveau de sa poitrine étaient si superbes que j'eus l'impression, alors que je la contemplais sur le pont, d'être un voyageur parcourant le Tibet et découvrant pour la première fois les hauts sommets de l'Himalaya. La femme me rendit mon regard, le menton levé d'un air arrogant, et ses yeux m'inspectèrent avec lenteur de la tête aux pieds, puis inversement. Une minute plus tard, elle franchit tranquillement l'espace qui nous séparait, et m'invita à prendre un verre d'absinthe dans sa cabine. Je n'avais encore jamais entendu parler de ce breuvage, mais j'acceptai volontiers ; je restai tout aussi volontiers, et ne ressortis de la cabine que trois jours plus tard, quand nous fîmes escale à Naples. [...]
Lorsqu'enfin nous fûmes à l'abri dans la baie de Naples, je dis en quittant la cabine : "Eh bien, je suis sacrément content que le bateau ait jeté l'ancre. C'est une sacrée tempête que nous avons essuyée, pas vrai?
- Mon cher garçon, répondit-elle, accrochant à son cou encore un lourd collier, la mer a été calme comme de l'huile.
- Ah non, madame, protestai-je. Il y a eu une tempête épouvantable!
- Ce n'était pas une tempête, fit-elle. C'était moi."
J'espère que cela vous aura donné l'envie d'en lire plus...

